
Les pêcheurs algériens pourront bientôt cibler une nouvelle espèce. Réunie à Rome fin octobre, la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM), organisme rattaché à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a attribué pour la première fois à l’Algérie un quota de capture de coryphène commune. Cette décision s’inscrit dans un accord régional qui ouvre de nouvelles possibilités de pêche à partir de 2027.
Une espèce pêchée surtout de façon artisanale
La coryphène commune (Coryphaena hippurus), aussi appelée dorade coryphène, est un poisson pélagique présent dans tout le bassin méditerranéen. Elle est surtout exploitée par la petite pêche artisanale, notamment grâce à des dispositifs de concentration de poissons. Un plan de gestion régional encadre sa capture depuis 2023. D’après les évaluations scientifiques examinées par la CGPM, les stocks sont aujourd’hui exploités à des niveaux jugés durables, ce qui permet d’élargir les possibilités de pêche.
Premier vice-président de la Chambre algérienne de la pêche et de l’aquaculture, Cherif Telli a réagi : « Les pêcheurs algériens sont très heureux de pouvoir commencer à pêcher la coryphène commune. » Selon lui, cette ouverture permettra aux professionnels de diversifier leurs captures et d’augmenter leurs revenus, tout en préservant la ressource.
La FAO ne précise pas le tonnage attribué à l’Algérie ni le nombre de navires concernés.
Un plan de gestion pour 2027-2031
Le nouveau plan couvre la période 2027-2031. Il fixe des plafonds annuels de captures, une taille minimale de conservation de 35 centimètres et une fermeture saisonnière du 1er janvier au 14 août. Le nombre de dispositifs de concentration de poissons est lui aussi encadré, et les autorités nationales devront suivre les captures et les débarquements.
Au total, les 25 pays réunis à Rome ont adopté onze recommandations contraignantes et deux résolutions sur la gestion des ressources halieutiques et l’aquaculture. Elles visent notamment les crevettes rouges profondes du détroit de Sicile, de la mer Ionienne et du Levant, ainsi que le merlu européen. Un plan de gestion de sept ans a aussi été adopté pour cinq espèces de poissons et de crustacés de l’Adriatique. La CGPM renforce en parallèle le contrôle des quotas, la surveillance des navires et l’échange d’informations entre administrations.
Ces décisions entreront en vigueur 120 jours après leur notification officielle. Les États membres devront ensuite les intégrer à leur réglementation nationale et les appliquer.


