Les incendies en Algérie : la résilience du peuple face à l’épreuve
À Jijel, l’une des zones les plus durement touchées, les incendies ont ravagé en quelques heures de vastes portions du littoral et des massifs montagneux. Plusieurs villages se sont retrouvés encerclés par les flammes, tandis que les routes ont été coupées et que les structures hospitalières ont dû faire face à un afflux important de victimes.
Le dernier bilan officiel fait état de 12 morts et 54 blessés. Toutefois, plusieurs sources locales et des décomptes indépendants évoquent un bilan humain potentiellement bien plus élevé. À El Djemaa Beni Habibi, notamment, des dizaines de victimes seraient recensées dans les publications de la commune. De son côté, un décompte indépendant cité par Le Monde avance le chiffre de 200 décès dans la wilaya de Jijel.
Ces chiffres, qui restent à vérifier et à consolider, témoignent surtout de la difficulté à établir un bilan précis dans les premières heures suivant une catastrophe d’une telle ampleur. Entre les données officielles, les informations communales et les témoignages locaux, l’ampleur réelle du drame demeure encore incertaine.
L’hypothèse d’un acte criminel n’exclut pas l’influence de conditions météorologiques particulièrement extrêmes. Toutefois, déterminer l’origine d’un incendie ne suffit pas à expliquer pourquoi celui-ci prend une telle ampleur et se transforme en catastrophe humaine et environnementale.
Plusieurs facteurs de vulnérabilité étaient en effet identifiés avant les incendies. En juin 2026, la Banque mondialerelevait notamment la nécessité d’actualiser les plans de gestion forestière, d’améliorer le partage des données, de renforcer la coordination entre les différents acteurs et de passer d’une gestion principalement réactive à une approche davantage préventive. Elle recommandait également de développer les systèmes d’alerte, les capacités d’intervention locales ainsi que la participation des collectivités et des communautés.
Depuis les incendies de 2021, l’Algérie a pourtant renforcé ses moyens de lutte contre les feux de forêt, notamment avec l’acquisition de bombardiers d’eau. La question de leur mobilisation lors des heures les plus critiques reste néanmoins posée. Selon les autorités, des vents pouvant atteindre 100 km/h auraient rendu les interventions aériennes trop dangereuses, voire impossibles dans certaines zones.
Face à l’ampleur de la catastrophe, une autre réalité s’est également imposée : celle de la solidarité de la population. Dans les zones touchées, de nombreux citoyens se sont mobilisés spontanément pour venir en aide aux sinistrés, évacuer les personnes menacées, accueillir les familles déplacées et acheminer de l’eau, de la nourriture, des médicaments et d’autres produits de première nécessité. Des collectes et des initiatives citoyennes se sont également organisées au-delà des régions directement touchées. Cette mobilisation témoigne d’une forte capacité d’entraide et d’une résilience collective qui, dans les moments de crise, permet aux communautés de faire face ensemble à une situation qui dépasse largement les capacités individuelles.